Vos questions
“Avons-nous besoin des autres pour désirer ce que nous désirons ?”
© Séverine Scaglia pour PM
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Cet article est issu du numéro 172 de Philosophie magazine « Et si on apprenait autrement ? », en kiosque le 17 août 2023. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Question de Paul Larroumet
Votre question a de quoi surprendre… L’objet de mon désir n’est-il pas… « le mien » ? Mon désir ne dépend-il pas d’abord de mon histoire, de mes goûts, de mes valeurs ? Quelques exemples permettent toutefois d’entendre ce qu’il y a derrière cette interrogation. Prenons quelqu’un qui affirme n’avoir aucun désir d’enfant. Il arrive souvent qu’une rencontre fasse naître ce désir d’enfant auparavant absent : entre lui et son désir, on trouve la présence de l’autre. Prenons maintenant un écrivain parlant avec son éditeur, ou un peintre avec son galeriste, il arrive de même que cet échange permette à l’écrivain ou au peintre de désirer mettre en œuvre un projet nouveau. Peut-être en avait-il déjà secrètement le désir, et l’échange avec autrui lui aura permis d’en prendre conscience ? Peut-être aussi ce désir est-il né de cette discussion ? Dans les deux cas, entre l’objet de notre désir et nous-mêmes, il y a bien, encore une fois, un autre. Et nous pourrions multiplier les cas. Il faut souvent à l’être humain une relation d’altérité pour se rapprocher de lui-même…