“Violence de la propriété” : les remèdes à la prédation de Frédéric Gros

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C’est une même logique qui partout sévit. Accaparement des richesses par une poignée de grands fortunés. Accaparement des ressources naturelles par des acteurs privés et autres États néo-impériaux. Accaparement, dans un tout autre domaine, des corps et des esprits dans les phénomènes d’emprise, jusqu’à l’horreur des crimes sexuels. Nous vivons à l’heure de « l’appropriation prédatrice » généralisée, écrit Frédéric Gros. Voici un livre qui jette un pont inattendu entre la crise écologique et le procès des viols de Mazan, le tout sous le patronage de Proudhon et de son cri : « La propriété, c’est le vol ! »

Déboulonner une idole 

Il s’agit ici de déboulonner une idole. Celle de la propriété, donc, considérée comme un droit naturel et la condition de la liberté dans les sociétés modernes. Ce que vise le philosophe, c’est la volonté de possession exclusive d’un bien ou d’un être – quand le désir de propriété écrase, soumet, spolie. Plus que Proudhon, c’est son ancien rival Marx qui est mobilisé pour critiquer le capitalisme, machine à exproprier les travailleurs du fruit de leur labeur. Si Frédéric Gros n’a rien d’un dangereux gauchiste, son réquisitoire est cinglant vis-à-vis du capitalisme : triomphe d’une « propriété absolue qui fonctionne à l’extorsion ». Alors quoi ? Faut-il abolir la propriété privée et promouvoir la propriété collective, mantra du communisme ? Cette alternative – propriété privée vs. propriété publique – semble dépassée. La vraie ligne de fracture intervient plutôt entre deux régimes d’appropriation : l’appropriation prédatrice délétère et son contraire, « l’appropriation relationnelle ». 

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