Hors-série "Orwell"

"1984"  : l’intime et le pouvoir

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Cet article est issu du Hors-série n°n° 48 de Philosophie magazine « George Orwell, ça nous regarde », en kiosque le 25 février 2021. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

 

 

Maître ouvrage qui a consacré Orwell comme un auteur majeur du XXe siècle, 1984 est à la fois une réflexion politique et un récit, avec ses héros, ses péripéties, son dénouement – terrible. Il explore le point où le politique et le personnel s’articulent si bien qu’il est impossible de les séparer.


Récit

« L’histoire ne me semble guère avoir retenu l’attention des critiques. On dirait […] un praticable conçu pour faciliter l’exercice de la démonstration. » Le philosophe Claude Lefort résumait ainsi la réception de 1984. Milan Kundera, dans sa critique de l’ouvrage, paraît partager l’idée que cette dystopie ne serait qu’un prétexte littéraire à une réflexion politique : « Roman ? Une pensée politique déguisée en roman. […] Les situations et les personnages y sont d’une platitude d’affiche. […] L’influence néfaste du roman d’Orwell réside dans l’implacable réduction d’une réalité à son aspect purement politique. » Non, répond Lefort : 1984 n’est pas un traité, mais un récit qui se déploie « dans une région [qui] se [dérobe] à la lumière crue du concept. » Avec ses personnages de chair, ses événements, ses drames. 

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