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Accents régionaux : le grand dépaysement ?

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Accents régionaux : le grand dépaysement ?

© fizkes/iStockphoto

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Au littoral, à la montagne ou à la campagne, les Français ont choisi : selon un sondage Opinion Way, 73% d’entre eux resteront en France pour leurs vacances estivales. De l’est à l’ouest, du nord au sud – en passant par la Corse –, le dépaysement ne sera pas seulement esthétique : il sera aussi linguistique. Voici pourquoi c’est réjouissant.


 

Le touriste, c’est l’autre : cela se remarque à sa curiosité gauche, mais aussi à sa manière de parler. Bien mal venu serait le premier vacancier alsacien qui expliquerait à un Marseillais la bonne façon de parler français. C’est que l’accent, c’est toujours l’autre qui l’a. Le chiasme linguistique du chassé-croisé estival nous confronte à une question peut-être difficile à entendre : « Et si c’était moi qui avais une pratique étrange du français ? »

Une question qui n’est pas sans Surmoi historique : si les Français ne parlent pas tous le même français, c’est avant tout parce qu’ils ne l’ont pas toujours parlé. Certes, « la langue de la République est le français », comme l’institue une disposition ajoutée le 12 mai 1992 à l’article 2 de la Constitution. L’aboutissement de près de cinq siècles d’expansion et de centralisation : François Ier en fait la langue administrative et législative du royaume, Richelieu la standardise avec la création de l’Académie française, la Révolution puis le républicanisme d’un Jules Ferry en font un enjeu démocratique.

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