Vertiges

Anatomie d’un théorème : la chronique d’Étienne Klein

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Anatomie d’un théorème : la chronique d’Étienne Klein

© 2023 Les Films Pelléas/Les Films de Pierre

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Cet article est issu du numéro 178 de Philosophie magazine « Comment cultiver la bonne humeur ? », en kiosque le 21 mars 2024. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Anatomie d’une chute a été distingué par les prix les plus prestigieux, dont dernièrement l’Oscar du meilleur scénario original. Le film nous met aux prises avec une vérité indécidable, qui n’est pas sans rappeler le statut des mathématiques. 

 

Anatomie d’une chute rafle toutes les récompenses. Par l’effet de quelque court-circuit, ce film m’a fait penser au fameux théorème de Gödel, publié en 1931. Pourquoi ? Parce qu’il se déroule pour partie dans un tribunal.

Mais je sens que je dois m’expliquer. Chacun sait que le débat sur le statut ontologique des mathématiques est fort ancien et reste vif : les mathématiciens sont-ils des découvreurs ou des bâtisseurs ? Saisissent-ils des vérités qui existent par elles-mêmes, en quelque ailleurs mystérieux, comme le pensent les platoniciens, tel Alain Connes ? Ou ne font-ils jamais que construire de telles vérités, qui n’existeraient pas sans eux ? Dans cette seconde catégorie se trouve André Lichnerowicz (1915-1998), qui avançait que, pour les mathématiciens, « l’Être avec un grand E est mis entre parenthèses », car ils ne se livrent qu’à de purs jeux de langage sans lien avec la réalité.

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