L’invention

Anthrobot : l’ère des machines vivantes ?

Temps de lecture : 1 min

Anthrobot : l’ère des machines vivantes ?

Anthrobot. © Gizem Gumuskaya, Université Tufts

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article est issu du numéro 176 de Philosophie magazine « Comment prendre la bonne décision ? », en kiosque le 11 janvier 2024. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Des chercheurs de l’université Tufts et de l’Institut Wyss de l’université Harvard (États-Unis) ont créé de « minuscules robots biologiques » baptisés « anthrobots » dans une étude publiée par la revue Advanced Science en novembre dernier. Ceux-ci sont le résultat d’un « auto-assemblage » de cellules de trachée humaine.

 

  • Ces « robots vivants » ou « biobots » suscitent un intérêt marqué ces dernières années. Ils interrogent les frontières que nous traçons entre les catégories d’êtres : « Est-ce un robot, est-ce un animal […] ? Ce genre de notions ne nous sert pas à grand-chose. Nous devons aller au-delà », affirme Michael Levin, l’un des auteurs de l’étude. Faudrait-il alors parler d’« animal-machine » au sens de Descartes ? Pas vraiment. Chez Descartes, l’expression rabat l’animal, le vivant, sur la machine : son fonctionnement est tout entier régi par un strict mécanisme ; on devrait donc pouvoir le créer ex nihilo en laboratoire. Le développement de l’anthrobot, lui, s’étaye sur des processus propres au vivant, sur des dynamiques inhérentes aux cellules qui, s’associant, font jaillir des capacités imprévisibles. Les chercheurs n’ont pas créé la vie. Si l’anthrobot est une « machine », c’est seulement par sa fonction, son utilité potentielle : parce qu’il pourrait effectuer à notre place, sans direction, une tâche prédéterminée– par exemple, réparer les tissus cérébraux.
  • Cultivées en laboratoire, les cellules se regroupent spontanément pour former des amas aux formes variables. Fin 2020, des scientifiques avaient déjà réussi à développer des « xénobots » comparables à partir de cellules prélevées dans le cœur et l’épiderme d’une espèce de grenouille africaine, mais leur constitution était supervisée.
  • Ces structures multicellulaires manifestent des « fonctions » très diverses, bien différentes des capacités exprimées par les tissus dans l’organisme. Les scientifiques espèrent déterminer, parmi ces amas imprévisibles, ceux qui pourraient jouer un rôle pour soigner certaines pathologies.
Les concepts liés à cet article

Cogito EspèceForceGenreVie