Arthur Schopenhauer. Biographie
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Cet article est issu du numéro 71 de Philosophie magazine « 71 - été 2013 », en kiosque le 04 juillet 2013. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Arthur Schopenhauer est né le 22 février 1788 à Danzig (alors en Prusse ; aujourd’hui Gdańsk, en Pologne). Son père est un riche négociant maritime, sa mère un écrivain à succès, intime de Goethe. Recevant une formation pour devenir à son tour commerçant, Schopenhauer entame en 1803 un voyage de deux ans dans toute l’Europe ; il visite de grandes métropoles industrielles et les dures réalités de l’existence le frappent : « à 17 ans, sans formation universitaire, je fus saisi par la détresse de la vie, comme le fut Bouddha dans sa jeunesse ». En 1806, on retrouve son père mort, probablement suicidé. Schopenhauer se tourne alors vers la philosophie, et il soutient une thèse intitulée De la quadruple racine du principe de raison suffisante (1813). Dans la foulée, il s’attelle à la rédaction du Monde comme volonté et comme représentation, qui paraît en 1818. La réception du livre, passé totalement inaperçu, le déçoit profondément. Il est nommé professeur à Berlin, mais ses cours n’attirent que très peu d’étudiants – parfois seulement cinq… –, tandis que, au même moment, on se bouscule pour suivre ceux de Hegel, alors au faîte de sa gloire. Schopenhauer abandonne là l’enseignement. Ses années berlinoises sont marquées par sa liaison avec l’actrice et danseuse Caroline Richter, qu’il songe à épouser ; ils finissent par rompre en 1831, et il restera célibataire toute sa vie. Ayant déménagé à Francfort, il mène une existence monacale et très ritualisée, ponctuée de longues promenades avec son caniche adoré. Schopenhauer obtient enfin la reconnaissance avec la publication en 1851 de ses Parerga et Paralipomena (« suppléments et omissions », en grec). Il meurt le 21 septembre 1860, à 72 ans. Marquée par le sceau du pessimisme, son œuvre de métaphysicien a été saluée notamment par Nietzsche, qui voit en lui un grand « éducateur ». Son concept de volonté comme poussée inconsciente en fait également l’un des précurseurs de la psychanalyse freudienne.