Arthur Schopenhauer. Extraits

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Cet article est issu du numéro 71 de Philosophie magazine « 71 - été 2013 », en kiosque le 04 juillet 2013. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Ils sont tirés de la « Métaphysique de l’amour », l’un des « suppléments » proposés dans le deuxième tome du Monde comme volonté et comme représentation (1844 ; il s’agit du 44e chapitre). Le premier extrait correspond à l’amorce de ce texte fameux et piquant de Schopenhauer. Le philosophe commence par remarquer que l’amour, si souvent dépeint par les poètes et les romanciers, est le « but final de presque tous les efforts des hommes » et qu’il « exerce dans toutes les affaires importantes une déplorable influence »… Pour comprendre le phénomène, Schopenhauer rompt avec toute approche sentimentale, « quelque déplaisir que [cela] doive causer ». Selon lui, la passion amoureuse a « sa racine dans l’instinct sexuel » et son objectif incon­s­cient n’est autre que la « composition de la génération future ». Dans le second extrait, situé à la fin de la « Métaphysique de l’amour », on trouvera d’abord des considérations désenchantées sur le mariage, qui ne garantit en aucun cas le bonheur. Puis Schopenhauer lie explicitement sa pensée de l’amour avec sa doctrine du « vouloir-vivre » : dans la recherche de l’aimé(e), c’est encore la volonté qui nous dirige à notre insu. La conclusion, on s’en doute, est pessimiste : les amants, romantiques à souhait, ignorent qu’en réalité ils ne visent qu’à propager l’espèce, à enfanter un nouvel être dans ce monde de « misère »…

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Romantisme