Baccalauréat

Bac philo 2016 : série S, les sujets et les corrigés

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Bac philo 2016 : série S, les sujets et les corrigés

Vous êtes 499 763 candidats à passer l’épreuve de philosophie, pour la session 2016 du baccalauréat. À Philosophie magazine, des profs planchent avec vous. Voici les sujets pour la section scientifique. Retrouvez les corrigés dès midi.

 

1er sujet de dissertation

Travailler moins, est-ce vivre mieux ?

☛ Retrouvez ici une proposition de corrigé

 

2e sujet de dissertation

Faut-il démontrer pour savoir ?

☛ Retrouvez ici une proposition de corrigé

 

3e sujet d’explication de texte

Expliquez le texte suivant :

« Je n’ignore pas que beaucoup ont pensé et pensent que les choses du monde sont gouvernées par la fortune et par Dieu et la fortune1, et que les hommes, malgré leur sagesse, ne peuvent les modifier, et n’y apporter même aucun remède. En conséquence de quoi, on pourrait penser qu’il ne vaut pas la peine de se fatiguer et qu’il faut laisser gouverner le destin. Cette opinion a eu, à notre époque, un certain crédit du fait des bouleversements que l’on a pu voir, et que l’on voit encore quotidiennement, et que personne n’aurait pu prédire. J’ai moi-même été tenté en certaines circonstances de penser de cette manière.

Néanmoins, afin que notre libre arbitre2 ne soit pas complètement anéanti, j’estime que la fortune peut déterminer la moitié de nos actions mais que pour l’autre moitié les événements dépendent de nous. Je compare la fortune à l’un de ces fleuves dévastateurs qui, quand ils se mettent en colère, inondent les plaines, détruisent les arbres et les édifices, enlèvent la terre d’un endroit et la poussent vers un autre. Chacun fuit devant eux et tout le monde cède à la fureur des eaux sans pouvoir leur opposer la moindre résistance. Bien que les choses se déroulent ainsi, il n’en reste pas moins que les hommes ont la possibilité, pendant les périodes de calme, de se prémunir en préparant des abris et en bâtissant des digues de façon à ce que, si le niveau des eaux devient menaçant, celles-ci convergent vers des canaux et ne deviennent pas déchaînées et nuisibles.

Il en va de même pour la fortune : elle montre toute sa puissance là où aucune vertu n’a été mobilisée pour lui résister et tourne ses assauts là où il n’y a ni abris ni digues pour la contenir. »

Nicolas Machiavel, Le Prince, 1532


1fortune : le cours des choses
2arbitre : capacité de juger et de choisir

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