Barack Obama. La puissance en larmes
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Cet article est issu du numéro 98 de Philosophie magazine « Qu’est-ce qu’être fort ? », en kiosque le 24 mars 2016. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Qui incarne la force aujourd’hui ? Nous avons demandé à six penseurs de choisir qui incarne la force aujourd’hui. Du rugbyman aux pirates informatiques en passant par Barack Obama en pleurs, leurs choix bousculent nos idées reçues.
« Le président de la première puissance mondiale qui pleure, c’est pour le moins paradoxal. Dans les relations internationales, et pour les États-Unis en particulier, la puissance a toujours eu un rôle fondateur. Hobbes, producteur de la politique moderne, comparait les États à des gladiateurs, “leurs armes pointées, les yeux de chacun fixés sur l’autre”. Cette idée s’est imposée après 1945, accréditant l’idée que la puissance était libératrice. N’avait-elle pas sauvé le monde du nazisme ? Tous les présidents américains ont persisté dans cette voie jusqu’à George W. Bush. Or cette idée de puissance a rencontré ses limites. Souvenons-nous du Vietnam, de l’Afghanistan, de l’Irak… Des intellectuels américains ont inventé le soft power pour pallier cette fragilité. Mais malgré Disney, Coca-Cola et l’inspecteur Columbo, la puissance “douce” n’a jamais conforté la politique étrangère américaine. Sans compter que cet échec de la puissance est aussi moral. Les États-Unis ont battu l’URSS mais n’ont jamais pu clairement imposer leur modèle politique au reste du monde.