L’aventure d’un classique
Constant vs. Kant : de l’importance d’être concret
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Cet article est issu du numéro 157 de Philosophie magazine « Comment la droite s’est emparée des esprits », en kiosque le 17 février 2022. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Une dizaine d’années après la publication de la Fondation de la métaphysique des mœurs, le penseur libéral Benjamin Constant s’attaque à la morale kantienne en lui reprochant de ne reposer que sur des principes abstraits qui ne sauraient servir de base à une vie en communauté. C’est l’amorce d’une polémique entre les deux philosophes.
« Le principe moral, par exemple, que dire la vérité est un devoir, s’il était pris d’une manière absolue et isolée, rendrait toute société impossible. Nous en avons la preuve dans les conséquences très directes qu’a tirées de ce principe un philosophe allemand, qui va jusqu’à prétendre qu’envers des assassins qui vous demanderaient si votre ami qu’ils poursuivent n’est pas réfugié dans votre maison, le mensonge serait un crime.
Ce n’est que par des principes intermédiaires que ce principe premier a pu être reçu sans inconvénients.
Mais, me dira-t-on, comment découvrir les principes intermédiaires qui manquent ? Comment parvenir même à soupçonner qu’ils existent ? Quels signes y a-t-il de l’existence de l’inconnu ?