Théâtre

“Cosmos” : la face cachée de la Lune

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“Cosmos” : la face cachée de la Lune

De Kevin Keiss et Maëlle Poésy. Mise en scène : Maëlle Poésy. © Jean-Louis Fernandez

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Cet article est issu du numéro 175 de Philosophie magazine « Y a-t-il des bons et des méchants ? », en kiosque le 30 novembre 2023. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Avec la pièce Cosmos, le dramaturge Kevin Keiss et la metteuse en scène Maëlle Poésy donnent un tour épique aux destins oubliées des pionnières de la conquête spatiale. Une quête d'émancipation actuellement en tournée qui met des étoiles dans les yeux des spectateurs !

 

« Un petit pas pour l’homme », selon Neil Armstrong, mais… pas pour les femmes qui, aux États-Unis (et en France), ont longtemps été exclues de la course aux étoiles ! Dans les années 1960, tandis que les Soviétiques s’apprêtent à expédier les premières cosmonautes dans l’espace, les Américains rivalisent d’abord avec leur propre programme – Mercury 13 – préparant treize concitoyennes à ce voyage exceptionnel. Jusqu’à ce que le vice-président Lyndon Johnson annule tout, malgré leurs aptitudes confirmées par une batterie de tests, afin de préserver l’ordre social. Car « si on ouvre un programme spatial aux minorités, après les femmes, qui seront les prochains ? Les Portoricains ? Les Noirs ? » – dixit ! La metteuse en scène Maëlle Poésy et le dramaturge Kevin Keiss donnent un tour épique à ces destins oubliés, dans une adaptation alerte, portée par une scénographie onirique et vertigineuse. Deux des cinq actrices, rodées aux arts du cirque, se retrouvent en effet par moments suspendues au-dessus de la scène, comme en apesanteur, nous invitant à prendre de la hauteur. S’il est méconnu, le combat de ces pionnières pour briser le plafond de verre et gagner la Lune a néanmoins essaimé, comme en témoignent leurs héritières, astronautes et astrophysiciennes, qu’ont rencontrées les créateurs pour composer ce spectacle. Avec elles, ils orchestrent un double changement de perspective : sur notre rapport à la vie sur Terre vue du ciel, dont ils font un sujet d’émerveillement, et sur le récit de cette conquête spatiale, en s’inspirant de la penseuse féministe Donna Haraway. Ils lui empruntent une méthode hybride, mêlant la biologie, l’anthropologie et la philosophie, des faits et des fictions, des acteurs humains et non humains. Ils tissent ainsi, de manière hétéroclite, une réjouissante histoire écologique et féministe, guidée par une quête de liberté, tendue vers le dépassement des limites et l’exigence d’un décentrement, sur Terre et au-delà !

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