Sport / Compétition
Coupe du monde de rugby : ballon ovale, violence capitale
Dominic Bird, joueur du club de rugby Racing 92, quitte le terrain sur blessure lors du match de la Champions Cup entre le Racing 92 et Edinburgh Rugby, le 4 avril 2021. © Aurélien Meunier/Getty Images/AFP
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Cet article est issu du numéro 172 de Philosophie magazine « Et si on apprenait autrement ? », en kiosque le 17 août 2023. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Alors que la France s’apprête à accueillir la Coupe du monde de rugby, des joueurs alertent sur la violence de ce sport, parfois mortel. Cette exacerbation du risque est-elle intrinsèque au jeu ou trouve-t-elle sa matrice plus généralement dans un modèle économique et social ?
Mourir fait-il partie du jeu ? comme l’écrit Philippe Chauvin dans un livre publié au printemps (Mourir fait partie du jeu, Éditions du Rocher), après la mort de son fils de 18 ans, espoir du Stade français, suite à un plaquage brutal lors d’un match. Alors que la France accueille la Coupe du monde de rugby du 8 septembre au 28 octobre, réjouissant les amoureux du ballon ovale, la question revient sur le terrain. 260 rugbymen ont en effet récemment intenté une action en justice contre les fédérations anglaise et galloise, et contre le World Rugby, qui organise les principaux tournois internationaux, pour avoir négligé la santé des compétiteurs. Selon les estimations du cabinet d’avocat Rylands Garth, qui mène cette procédure, près de 400 joueurs seraient morts prématurément au cours des dix dernières années, du fait de commotions cérébrales. Par ailleurs, beaucoup de ces professionnels souffriront de problèmes neurologiques suite aux chocs sur le terrain – l’ancien pilier de la Nouvelle-Zélande Carl Hayman témoigne être atteint à seulement 43 ans de démence précoce, tout comme l’ancien talonneur de l’équipe anglaise Steve Thompson, 45 ans. Sébastien Vahaamahina, deuxième ligne international du club de Clermont, vient, lui, d’annoncer mettre fin à sa carrière à 31 ans, après une énième commotion.