Nos grandes questions
“Dans le pire des cas, on te demande d’où tu viens avec une curiosité mal placée” : entretien avec la chanteuse Gildaa
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Cet article est issu du numéro 200 de Philosophie magazine « On change d'ère ? “Philosophie magazine” a 20 ans ! », en kiosque le 04 juin 2026. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Entre Perséphone et l’orixá Nanã, Camille Constantin da Silva, alias Gildaa, se sent à la maison. Dans son premier album Gildaa (Pias), la chanteuse convoque toute une mythologie pour évoquer ses ancêtres mais aussi les thématiques d’emprise et de dépossession de soi, que deux langues ne suffisent pas à épuiser.
Et vous, vous avez des origines ?
GILDAA : C’est une question qu’on m’a posée toute ma vie, et qui est évidente dans un pays majoritairement blanc à tendance raciste. Dans le meilleur des cas, on te demande d’où tu viens avec bienveillance et curiosité, dans le pire, avec de la méfiance, voire une curiosité mal placée. Étant métisse claire du Brésil, un pays associé à la joie de la fête, c’est assez facile pour moi de gérer cette question. Mais j’ai déjà fait des tests en répondant par autre chose, et je n’ai pas eu la même réaction. Peu de gens sont au fait de l’histoire assez violente du Brésil et de l’importance que la couleur de peau a là-bas. On la précise d’ailleurs sur les cartes d’identité.