Intervention
Daryush Shayegan: “Le fossé entre la société arabe et le pouvoir n'est plus tenable”
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Cet article est issu du numéro 56 de Philosophie magazine « 56 - février 2012 », en kiosque le 20 janvier 2012. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Pour l’intellectuel iranien Daryush Shayegan, la répression sauvage du pouvoir syrien est un acte désespéré. Il mise sur une extension du mouvement de contestation à son propre pays.
Le monde islamique, dites-vous, navigue entre la violence du sacré et celle des régimes répressifs. Alors que le monde assiste sidéré à la répression en Syrie, quelle issue imaginez-vous ?
La violence du régime syrien est le signe du fossé qui s’est creusé entre ce pouvoir et sa société. Ce n’est plus tenable. Je crois qu’Assad a déjà perdu sa légitimité et qu’il va tomber (ce qui pourrait arriver avant que cet article paraisse…). En Syrie, en Tunisie, en Égypte, en Libye, au Yémen, près de 70 % de la population est âgé de moins de 30 ans. Ce sont ces jeunes, connectés aux réseaux de communication, sécularisés mais sans avenir, qui manifestent. Du coup, on peut affirmer que le monde a radicalement changé avec le « printemps arabe » en révélant l’existence d’une société civile en avance sur des gouvernements autoritaires et stagnants.