Édito

De l’avantage d’être né

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De l’avantage d’être né

© Charles Berberian

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Cet article est issu du numéro 140 de Philosophie magazine « 140 - juillet 2020 », en kiosque le 18 juin 2020. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

C’était le 30 décembre, nous sortions de chez Marcolino, dans un petit village du Piémont, et l’air glacial de la nuit, un air coulant des glaciers alpins dominant la plaine au loin, nous enveloppa. Marcolino, que l’on surnommait ainsi parce qu’il s’appelait Marco et qu’il était petit, s’était offert un délire : comme certains assouvissent un vieux rêve de paradis en creusant une piscine dans leur jardin, il avait transformé une pièce mansardée qu’il possédait au-dessus de son garage en bar, avec comptoir rutilant de cuivre, présentoirs de spiritueux, grande table ovale, banquettes de moleskine rouge et, surtout, des murs entièrement tapissés de bouteilles de vin que, bricoleur, Marcolino avait trouvé le moyen d’assujettir aux soupentes par toutes sortes de gouttières en métal sur mesure. Il s’était fabriqué un bar d’un luxe extravagant pour lui seul, et pour ses amis, où les boissons étaient offertes ; autant dire que nous sortions de là avec de quoi endurer la nuit hivernale.

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