Là est la question

“Dois-je taire mes convictions afin d’éviter les conflits ?” Charles Pépin répond à vos dilemmes

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“Dois-je taire mes convictions afin d’éviter les conflits ?” Charles Pépin répond à vos dilemmes

© Alain Pilon/Costume 3 Pièces

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Cet article est issu du numéro 176 de Philosophie magazine « Comment prendre la bonne décision ? », en kiosque le 11 janvier 2024. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.


LE DILEMME DE MARION
« Je me suis retrouvée avec ma bande d’amis du bureau,
et je me suis rendu compte que je n’osais pas affirmer mes convictions politiques. Je savais qu’elles allaient heurter certains des membres de ce petit groupe et créer une mauvaise ambiance, voire une engueulade. Mais en me taisant ainsi, en ne prenant pas part au débat, je me suis sentie un peu mal, comme si j’étais coupable de garder le silence, comme si j’étais infidèle à moi-même en n’osant pas assumer ce que je pense. Je précise que mes convictions ne sont même pas radicales. Il s’agissait ce soir-là du conflit israélo-palestinien, mais j’ai déjà eu ce problème, avec cette même bande, par le passé, lors de débats sur les “gilets jaunes” ou sur les vaccins : soit je dis ce que je pense au risque de heurter certaines sensibilités et de nous engager dans une longue engueulade stérile, soit je me tais, mais alors je me sens lâche, hypocrite, mon silence créant d’ailleurs une sorte de soupçon, de méfiance à mon égard. Je suis parfois si gênée que j’essaie de changer de sujet, ce qui renforce encore le soupçon porté sur moi. Comment sortir de ce dilemme ? »

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