Emerson. Biographie

Temps de lecture : 2 min

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article est issu du numéro 93 de Philosophie magazine « Être ou avoir ? », en kiosque le 24 septembre 2015. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Ralph Waldo Emerson naît à Boston en 1803 dans une famille modeste et puritaine. Son père, pasteur, meurt lorsqu’il a 8 ans. En 1817, il est admis à Harvard sans y faire d’étincelles : mélancolique, il se juge « déjà mort et enterré dans cette sale planète » lorsqu’il décide d’étudier la théologie et de devenir pasteur. Dévasté par la mort de sa jeune épouse, déçu par une liturgie figée, il démissionne de sa charge ecclésiastique et embarque en 1832 pour l’Europe. Parcourant l’Italie, la France et l’Angleterre, il y rencontre le philosophe Mill, l’écrivain Carlyle ou encore le naturaliste Jussieu : c’est un homme neuf qui regagne l’Amérique. En 1835, avec sa seconde femme, il s’installe à Concord, où il se lie à Henry David Thoreau, poète et philosophe qui deviendra son disciple. Il publie l’année suivante son premier livre, La Nature, considérant que « chaque fait naturel est le symbole d’un fait spirituel ». Désormais célèbre, il donne de nombreuses conférences, dont « L’intellectuel américain » en 1837, où il appelle son pays à s’affranchir de la vieille Europe. Il devient la figure du mouvement transcendantaliste, expression d’un romantisme américain anticonformiste, prônant une créativité transcendée par le sentiment du divin. En 1842, Emerson est rattrapé par le deuil, avec la mort de son fils aîné Waldo. « Ma douleur, c’est que la douleur ne saurait rien m’apprendre », écrit-il alors. Outre ses deux séries d’Essais, le philosophe publie en 1850 un ouvrage sur les grands hommes, de Platon à Goethe ; la même année, il s’oppose vigoureusement à la loi obligeant tout citoyen à aider à capturer les esclaves fugitifs. De cet engagement, on trouve l’écho en 1860 dans La Conduite de la vie, où Emerson déclare que « la gloire du caractère consiste seulement à affronter les horreurs de la corruption et à en tirer de nouvelles noblesses de puissance ». Après la parution en 1870 du recueil Société et Solitude, le philosophe traverse une dernière fois l’Atlantique, à 70 ans. Il meurt en 1882, emporté par la pneumonie. « Le maître docile passe la main / À la grande âme qui l’a prévu », peut-on lire sur sa tombe.

Cet article est réservé aux abonnés
Les concepts liés à cet article

ÉtatPolitiquePouvoirUtopie