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Énergie : un job pour le blob ?

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Énergie : un job pour le blob ?

Montre © HCintegration

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Cet article est issu du numéro 166 de Philosophie magazine « Préférons-nous l’ordre ou le désordre ? », en kiosque le 12 janvier 2023. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Et si vous utilisiez un blob – sorte de « moisissure » visqueuse, ni animale ni végétale – pour recharger votre montre connectée ? C’est le projet auquel travaillent Jasmine Lu et Pedro Lopes de l’université de Chicago (États-Unis). Ils ont créé un dispositif pour mettre à profit le courant électrique généré par l’étrange organisme. Si la montre bionique semble tout droit sortie de la science-fiction, elle remet au goût du jour des logiques très anciennes. Comme le montre l’anthropologue américain Leslie Whyte dans The Evolution of Culture (1943), l’enjeu de l’histoire humaine est l’extraction de l’énergie contenue dans l’environnement. Dans un premier temps, les « systèmes culturels sont actionnés presque exclusivement par l’énergie humaine », celle du métabolisme corporel. Dans un deuxième temps, avec la « culture des plantes et la domestication des animaux », l’homme apprend à tirer profit de l’énergie captée par d’autres organismes vivants, non en les consommant mais en les faisant travailler. Enfin, l’homme apprend à extraire l’énergie de la matière inerte (charbon, pétrole, nucléaire…). La montre-blob revient à la deuxième étape de cette histoire. À ceci près que, là où l’animal de trait et le plant de blé peuvent seulement servir à quelques tâches prédéterminées par leur physiologie, la canalisation directe de l’électricité organique du blob laisse présager des utilisations bien plus diversifiées !

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