Épicure, la légende
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Cet article est issu du numéro 105 de Philosophie magazine « Suis-je l’auteur de ma vie ? », en kiosque le 01 décembre 2016. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
La connaissance que nous avons de la vie d’Épicure est succincte. Il serait né en 341 avant Jésus-Christ sur l’île grecque de Samos. Son père, Néoclès, y était un colon, un « clérouque », venu d’Athènes. Aussi Lucrèce peut-il écrire dans l’éloge qu’il fait de son maître : « La première, Athènes, la fameuse Athènes,/donna le blé fertile aux malheureux mortels,/renouvela leurs condition, institua les lois,/puis offrit à leur vie réconfort et douceur/quand elle fit naître le héros magnanime/dont la bouche est véridique en toute chose. » À 14 ans, Épicure suit l’enseignement de Nausiphane de Téos et s’initie à la philosophie, aux mathématiques, à la rhétorique et à la doctrine atomiste de Démocrite, dont Nausiphane est un disciple. À 18 ans, il doit faire son service militaire obligatoire. Après deux ans de garnison, il lui est toutefois impossible de rentrer à Samos, les colons ayant été chassés de l’île. Auprès de son père, il affronte donc l’exil et la pauvreté à Colophon, en Asie Mineure. Contrairement aux jeunes gens bien nés qui ont les moyens de fréquenter l’une des prestigieuses écoles philosophiques d’Athènes, le Lycée ou l’Académie, Épicure se forme seul, raconte la légende. Par ailleurs de santé fragile, il doit s’imposer un régime strict et frugal dont on retrouve les traces dans son invitation à se détourner des « banquets et [d]es fêtes ininterrompus », des « nourritures que porte une table profuse ». À 32 ans, il commence à enseigner, à Mytilène, puis à Lampsaque. Après avoir rassemblé quelques disciples et amis, dont certains lui apportent les fonds suffisants pour ne plus vivre dans le besoin, il s’installe à Athènes où il fonde le Jardin en 306 avant Jésus-Christ. Dès lors, on perd le détail de ce que fut sa vie. Il meurt en 270, à 71 ans, affaibli par des coliques extrêmement douloureuses, non sans avoir recommandé aux membres du Jardin d’éviter de se morfondre sur la disparition de leur maître et de plutôt continuer à « tout ensemble rire et philosopher ».