Au bistrot

Ernesto Laclau : le particulier

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Cet article est issu du numéro 18 de Philosophie magazine « 18 - avril 2008 », en kiosque le 27 mars 2008. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Ernesto Laclau enseigne la théorie politique au Royaume-Uni. Ce penseur argentin engagé à gauche analyse la fabrique des identités politiques et décrypte ce qu’il nomme la logique d’hégémonie.

 

À la question exigeante « quelle est la logique qui gouverne la constitution des identités sociales et politiques ? », Ernesto Laclau revient sans cesse avec enthousiasme et conviction. Penseur de gauche de renommée internationale, puissant théoricien du politique, il est l’inventeur d’une ontologie du social. Né en Argentine en 1935, professeur émérite à l’université d’Essex en Angleterre, il vit à Londres mais passe plusieurs mois par an à l’université de San Martin, à Buenos Aires, ainsi qu’à celle de Northwestern, près de Chicago. C’est à Essex, où il a soutenu son doctorat, qu’il a fondé en 1982 un programme de recherche intitulé « Idéologie et analyse du discours ». Le discours, ici, ne se réduit pas à son sens commun ; il recouvre une pratique sociale : « L’espace social doit être considéré comme un espace discursif si par discours on ne désigne pas seulement la parole et l’écriture, mais tout autant la liaison des mots aux actions qui leur sont attachées. »

“Aujourd’hui, la démocratie est liée à la reconnaissance du pluralisme et des différences” Ernesto Laclau

 

Ce goût pour le discours, l’Argentin l’illustre au fil d’une discussion à sauts et à gambades qui oscille du registre le plus abstrait au récit de blagues, mi-psychanalytiques, mi-politiques. Celles qu’aimait à lui raconter son ami le philosophe slovène, Slavoj Žižek, avec lequel il dialogue, en compagnie de Judith Butler, dans Contingency, Hegemony, Universality : Contemporary Dialogues On The Left. « Le peuple est une catégorie politique et non un simple donné de la structure sociale. Mon nouveau bouquin cherche à réhabiliter le populisme », dit-il. Bouquin ? « Je n’ai jamais vraiment fait la différence entre l’argot et la langue normale. Lors de mon premier séjour à Paris, je me souviens avoir demandé : “Excusez-moi, monsieur le flic, où se trouve le boulevard Saint-Germain ?” »

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