Et après… Que faire ?

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Cet article est issu du numéro 26 de Philosophie magazine « 26 - février 2009 », en kiosque le 29 janvier 2009. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Face aux ravages du marché mondialisé et dérégulé, l’attentisme n’est plus de mise. Reste à trouver le bras armé de la critique rationnelle du capitalisme.

« Toute la terre habitable a été de nos jours reconnue, relevée, partagée entre des nations. L’ère des terrains vagues, des territoires libres, des lieux qui ne sont à personne, donc l’ère de la libre expansion est close. Le temps du monde fini commence. » Au lendemain de la Première Guerre mondiale, alors que la mondialisation commence à prendre forme, Paul Valéry prend ainsi acte de la portée quasi métaphysique de l’événement dans Regards sur le monde actuel. Grâce au développement des « organes de la relation » – que nous appelons aujourd’hui réseau – se crée « une solidarité toute nouvelle et instantanée entre les régions et les événements ». Paradoxalement, cette humanité qui entre pour la première fois en communication avec elle-même apparaît paralysée : l’interconnexion, en particulier économique, menace l’idée d’une action politique, au sens classique. À la question qui taraude tout un chacun aujourd’hui – existe-t-il des leviers politiques efficaces pour contrer les ravages du capitalisme mondialisé ? – Valéry aurait donc probablement répondu par la négative. Non pas à cause de la seule difficulté pratique, mais du fait de la nature même de cet espace mondialisé, qui échapperait à la prise de l’esprit et de l’action. Près d’un siècle et quelques crises plus tard, n’est-ce pas encore et toujours le sentiment dominant, malgré les nombreux appels à la régulation ?

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