Le graphique
Et si on remplaçait les politiques par des robots ?
Cet article est réservé aux abonnés.
Cet article est issu du numéro 129 de Philosophie magazine « À la recherche de l’esprit européen », en kiosque le 20 avril 2019. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Face aux inquiétudes suscitées par les nouvelles technologies, le remède serait-il « dans le mal », selon l’expression de Jean-Jacques Rousseau ? C’est ce qu’on est tenté de penser à la lecture des résultats de l’étude menée dans huit pays européens par le Centre pour la gouvernance du changement de la IE University de Madrid, « Cartographier les attitudes des Européens envers le changement technologique et sa gouvernance ». Elle fait apparaître deux séries de résultats, apparemment contradictoires. D’abord, un sentiment grandissant d’insécurité envers les nouvelles technologies qui risquent, pour 70 % des Européens, d’apporter « plus de mal que de bien ». 56 % redoutent que les robots ne remplacent la plupart des emplois humains ; 67 % sont favorables à ce que les gouvernements mettent en place des lois et des taxes pour freiner l’automatisation ; 72 % veulent limiter le nombre d’emplois que des robots pourraient occuper, et 74 % pour que cela ne concerne que les emplois dangereux. Une majorité des diplômés considèrent par ailleurs que l’éducation qu’ils ont reçue ne les a pas préparés à cette transition – même si, signe d’un fossé générationnel, une majorité des 18-34 ans se considèrent, eux, bien préparés. Enfin, près de 40 % estiment que l’entreprise dans laquelle ils travaillent n’est pas adaptée à la transition et va disparaître dans les dix ans.