Les philosophes face à la guerre

Étienne Klein : “Si Einstein revenait parmi nous, il dirait les mêmes choses qu’en 1933”

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Étienne Klein en 2021

Étienne Klein en 2021. © Vincent Muller/opale.photo

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Face à la guerre menée par la Russie sur le sol européen, il est plus que jamais indispensable de parvenir à comprendre à ce qui nous arrive, sur le plan politique, social mais aussi éthique et métaphysique. Nous avons demandé à plusieurs philosophes de nous livrer leurs réflexions.

Aujourd’hui, Étienne Klein témoigne des débats qui traversent la communauté scientifique concernant les meilleurs moyens d’empêcher la guerre. Il se souvient aussi des mots d’Albert Einstein, en 1933, qui prenait position contre un pacifisme qu’il jugeait excessif et inapproprié face à la gravité des circonstances.

 

Le 24 février 2022, apprenant l’invasion de l’Ukraine par l’armée russe, j’ai d’abord été incrédule, puis, d’un coup, saisi d’effroi. Je fais partie d’une génération qui, sans doute anesthésiée par la chute du mur de Berlin, croyait qu’en Europe nous avions enfin trouvé des parades contre l’exercice de la force brute et le cynisme le plus indécent. Michel Serres, à la fois aîné et ami, m’avait pourtant mis en garde contre pareille naïveté. Je l’entends encore prononcer ces phrases à la fois désespérées et prémonitoires :

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