Divergences
Faut-il chercher l’amour pour le trouver ?
© Juan Darien/iStockphoto
Cet article est réservé aux abonnés.
C’est l’adage le plus détesté de tous les célibataires endurcis : « Tu trouveras l’amour quand tu arrêteras de le chercher… » Mais de la lutte acharnée au désespoir en passant par le lâcher-prise, trouvons-nous vraiment l’amour en cessant de courir après ? L’avis des philosophes.
Platon : oui, il faut chercher sa moitié à tout prix
Quel meilleur décor pour parler d’amour qu’un fastueux dîner entre amis se prolongeant jusqu’au petit jour ? C’est ce que nous propose Platon dans le Banquet. Plusieurs discours sur l’amour sont exposés par les convives : celui du poète Aristophane est particulièrement éclairant. Selon lui, nous sommes tous des moitiés d’êtres humains à la recherche de notre moitié complémentaire, à laquelle nous étions liés dans une autre vie : « Chacun de nous est comme une tessère d’hospitalité [sorte de jeton], puisque nous avons été coupés comme des soles et d’un nous sommes devenus deux ; aussi, chacun cherche sa moitié. » D’après ce mythe, le fait de chercher notre moitié est non seulement possible, mais c’est même la condition de notre bonheur. « Je parle des hommes et des femmes en général, et je dis que notre espèce ne saurait être heureuse qu’à une condition, celle de réaliser nos aspirations amoureuses, de rencontrer chacun l’individu qui est notre moitié », assure Aristophane. Nous cultivons encore aujourd’hui cette image du couple parfait, unique et exclusif. Mais Aristophane ne garantit pas pour autant que la quête réussisse... L’important, c’est de ne jamais renoncer.