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Faut-il toujours obéir à l’État ?

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Cet article est issu du numéro 120 de Philosophie magazine « À quelle vitesse voulons-nous vivre ? », en kiosque le 31 mai 2018. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Analyse des termes du sujet

« Faut-il »

Au sens de : précaution nécessaire, obligation morale… 

« Obéir »

Synonymes : obtempérer, se plier, respecter de plein gré…

« État »

Synonymes : gouvernement, chef, souverain, puissance publique…

 

Défrichage

Premières intuitions

Toute société doit suivre des règles pour subsister. Il semble donc nécessaire qu’elle soit pourvue d’un État pour les faire respecter. Il est d’ailleurs heureux que, la plupart du temps, les hommes le comprennent et se soumettent au pouvoir qui les gouverne, même sans y être poussés par la peur du gendarme.

Dans la mesure où l’État dispose d’un pouvoir de coercition, l’obéissance n’est pas une option. Les lois de l’État sont contraignantes. Elles se distinguent ainsi des règles d’un jeu auquel nous pourrions refuser de participer s’il ne nous convenait pas.

Pourtant, il reste possible de s’opposer à ses décisions, même si cela ne va pas sans risque. Lorsque la voix de la conscience contredit celle de l’État, le dilemme est alors de savoir si l’autorité de la loi morale doit primer sur celle du gouvernement, quitte à menacer l’ordre civil.

Exemples qui viennent à l’esprit

En 1955, dans un bus de Montgomery (Alabama), l’Afro-Américaine Rosa Parks refuse de céder sa place à un passager blanc en dépit des lois ségrégationnistes en vigueur. Cet acte pacifique conduit à un boycott grâce auquel ces lois seront déclarées anticonstitutionnelles par la Cour suprême des États-Unis.

Soumis au pouvoir de Philippe Pétain, à la censure, aux lois raciales, ne serions-nous pas libérés de toute obligation envers l’État incarné, dans la France de la Seconde Guerre mondiale, par le régime de Vichy ? Nous aurions sans doute le devoir de lui résister, peut-être même par l’attentat et le sabotage.

Dans la tragédie de Sophocle, Antigone met son frère Polynice en terre au nom de la morale divine contre les ordres de son oncle, le roi Créon. Celui-ci a en effet condamné le jeune homme à rester sans sépulture pour avoir porté les armes contre sa propre cité. L’intransigeance de l’héroïne est-elle excessive ?

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