Georges Bataille. L’œuvre
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Cet article est issu du numéro 68 de Philosophie magazine « 68 - avril 2013 », en kiosque le 21 mars 2013. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Madame Edwarda est l’un des récits pornographiques les plus fameux de Bataille. Cette œuvre, très courte, est rédigée en 1941 et paraît sous le pseudonyme de Pierre Angélique (Bataille signera d’autres textes sous des noms d’emprunt comme Lord Auch, Louis Trente ou encore Dianus). L’intrigue se situe à Paris, la nuit : ivre, en proie à l’angoisse, le narrateur se rend dans un bordel où il rencontre une prostituée, Madame Edwarda. L’étreignant, il ressent un « choc » et connaît un état extatique « plus fou que l’ivresse ». Puis Madame Edwarda lui montre ses « guenilles » – son sexe – et lui révèle qu’elle est « Dieu »… Après le rapport sexuel s’ensuit une errance nocturne, qui s’achève sur une scène de jouissance dans un taxi, avec la participation active du conducteur. En 1955, Bataille reprend son texte : il remanie les passages les plus crus, usant de périphrases pour désigner les organes sexuels, et rédige une préface sous son nom propre (c’est ce texte plus théorique que l’on trouvera ci-après). La nouvelle version paraît un an plus tard chez Pauvert, éditeur, entre autres, de Sade.