Hors-série "La puissance des femmes"
Harriet Taylor Mill, contre la loi des hommes
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Restée dans l’ombre de son second mari, le philosophe John Stuart Mill, Harriet Taylor Mill est pourtant l’auteure d’une œuvre riche, dans laquelle elle se fait l’avocate éloquente des femmes de son époque.
Harriet Hardy, née en 1807 à Londres, rencontra le philosophe John Stuart Mill vers 1830, alors qu’elle était déjà mariée à John Taylor. Entre eux, la connivence est immédiate. L’époux de la jeune femme se résout à leur liaison. « Sans [Harriet] j’aurais sans doute eu la même opinion qu’aujourd’hui, mais j’aurais eu une perception très incomplète de la façon dont les conséquences de la position d’infériorité des femmes s’enchevêtre avec tous les maux de la société actuelle et toutes les difficultés qui font obstacle au progrès de l’humanité », affirme Mill. Harriet le pousse notamment à troquer « an » et « e » par « erson », et « en » par « eople » dans ses écrits. Après la mort de son premier époux, elle publie dans la Westminster Review « ’affranchissement des femmes » (1851). Fidèle à l’utilitarisme de Jeremy Bentham (« e plus grand bonheur du plus grand nombre est la mesure du juste et de l’injuste »), elle souligne que l’humanité se prive d’une réserve immense de talents en empêchant les femmes de cultiver leurs aptitudes. Hélas de santé fragile, elle meurt d’une hémorragie pulmonaire le 3 novembre 1858, à Avignon. Mill choisit de s’y installer. De la fenêtre de sa petite maison, il a vue sur le cimetière. Dix ans plus tard, il publiera un essai percutant en faveur de l’égalité des sexes, L’Asservissement des femmes.