Un classique éclaire le présent
La confrontation entre Los Angeles et l’État fédéral vue par Gilles Deleuze
Los Angeles (États-Unis), le 8 juin 2025. Des manifestants affrontent les autorités dans le centre de la ville. © AP Photo/Jae Hong/Sipa
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À Los Angeles (États-Unis), les émeutes font rage pour s’opposer aux raids brutaux d’expulsion de sans-papiers par la police anti-immigration. En réponse à ces manifestations, Donald Trump a décidé d’envoyer les réservistes de la garde nationale des États-Unis. Un envoi de troupes fédérales qui s’est fait sans l’accord des autorités locales, et qui oppose l’État américain à une ville-refuge favorable aux migrants. Cet acte révèle la lutte entre deux logiques : celle de l’État, fondée sur le quadrillage et l’organisation d’un territoire, et celle de la ville, qui s’appuie sur une circulation dynamique. Analyse.
« L’ICE hors de Los Angeles ! », scandent depuis ce week-end les manifestants dans la plus grande ville californienne. L’agence de police douanière et de contrôle des frontières américaines [United States Immigration and Customs Enforcement, abrégé ICE] est en effet un élément clef de la politique anti-migratoire de Donald Trump. Le président a pris la décision de dépêcher la garde nationale sur place pour mettre fin aux émeutes. Karen Bass, la maire de la ville, elle-même hostile à la politique du président américain, n’a pas tardé à dénoncer une forme d’ingérence dans les affaires de la cité des Anges.