La Maison Diderot, défense et illustration de l’esprit des Lumières au XXIe siècle

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La Maison Diderot, défense et illustration de l’esprit des Lumières au XXIe siècle

Portrait de Denis Diderot, Louis Michel Van Loo, Paris, vers 1770. Collection Musées de Langres, © Sylvain Riandet / Ville de Langres

Prévue le 5 octobre 2013, l’ouverture de la Maison des Lumières-Denis-Diderot, à Langres, fête le tricentenaire de la naissance du philosophe. Conservateur des musées de Langres, Olivier Caumont a chapeauté la création du musée, le premier dédiée à l’auteur de l’Encyclopédie.

Philosophie magazine. Quelle est l’ambition initiale du projet?

Olivier Caumont. La Maison des Lumières-Denis-Diderot est un projet de longue haleine qui s’est étendu sur presque quatre ans. Ce musée est le premier dédié à Denis Diderot dans son siècle. Établi à Langres, dans la ville natale du philosophe, il occupe un ancien hôtel particulier. Plus question d’une célébration épisodique, deux fois par siècle pour fêter sa naissance et sa mort. Diderot sera désormais à l’honneur toute l’année dans cette maison qui pourrait avoir au fronton ce mot pour en résumer l’ambition: «Défense et illustration de l’esprit des Lumières au XXIe siècle»!

 

«Donner une vision large du “réseau” des Lumières»

Pourquoi avoir baptisé ce musée Maison des Lumières-Denis-Diderot?

D’abord, en entrant dans le musée, le visiteur pénètre réellement dans une «maison». Ce magnifique bâtiment a d’ailleurs été occupé par une riche famille jusqu’au XIXe siècle.

Ensuite, «Des Lumières-Denis-Diderot», car la vocation du lieu n’est pas uniquement biographique. Diderot est «remis en contexte»: par la diversité de ses engagements intellectuels, il est un bon exemple pour comprendre l’ampleur du mouvement des Lumières, mais ce mouvement est aussi le creuset, le substrat de ses œuvres. Grand épistolier, il a abondamment fréquenté les salons, les sociétés de gens de lettres, et s’est mêlé au réseau des savants de l’époque. La Maison des Lumières entend donner une vision large de ce «réseau». Ce choix, comme tous ceux qui concernent ce musée, s’est fait en concertation avec un collège scientifique.

 

Comment ce comité scientifique s’est-il constitué?

Composé de quatorze membres, il comporte autant de personnalités que d’enjeux posés par le parcours muséographique; il repose sur un rassemblement de compétences et de bonnes volontés.

Michel Delon, professeur de littérature du XVIIIe siècle, auteur récemment d’un Diderot, cul par-dessus tête (Albin Michel, 2013), y participe. Nous avons fait appel à des universitaires, à des conservateurs, à des spécialistes de l’histoire des sciences, du livre, de l’édition…

 

Mais à aucun philosophe !

La distinction entre philosophie, lettres et sciences n’est pas si forte au XVIIIe siècle. Diderot est tout autant écrivain que philosophe, indissociablement. Michel Delon ou Charles Vincent, pour ne citer qu’eux, ont une connaissance extrêmement fine des textes et de l’homme, qu’ils replacent dans une vaste histoire des idées.

Par ailleurs, nous aurions pu élargir la liste des spécialistes infiniment… Le regretté Raymond Trousson, qui vient de disparaître, ou Robert Morrissey ont été consultés plus ponctuellement.

 

Que découvre le visiteur, lorsqu’il pénètre dans la Maison des Lumières?

Neuf salles d’exposition permanente. Elles présentent des peintures, des sculptures, des éditions originales des livres de Diderot, des objets scientifiques… suivant un parcours muséographique couvrant quatre thèmes principaux: Diderot dans ses années de formation; Diderot dans son siècle; Diderot et son rapport aux arts; l’Encyclopédie, enfin.

 

«Se hâter de rendre la philosophie populaire»

Denis Diderot

Comment faire vivre la Maison, tout au long de l’année, en dehors des évènements exceptionnels ?

En complément du parcours muséographique permanent, la Maison possède aussi une dixième, une onzième et une douzième salle, qui ont toutes pour ambition de donner un souffle contemporain à la visite.

La dixième salle constitue un laboratoire d’idées. Elle recevra chaque année des intellectuels, des scientifiques, des artistes afin de développer sur un an une problématique philosophique contemporaine. Que permettent de comprendre et de savoir aujourd’hui les neurosciences du fonctionnement de la raison ? Que reste-t-il de la classification des espèces par Linné et Buffon ? Que penser de la critique d’art par rapport à la pratique des Salons ? Les idées ne manquent pas.

 

Et les deux dernières salles ?

La onzième aura l’ambition de proposer un cycle de conférences spécialisées, une fois par mois. Elle accueillera également des ateliers pour les enfants et les adolescents.

La douzième et dernière salle n’est autre que le café… philo, évidemment! Pensé comme un lieu de débat, d’échange, de réflexion, il participe de la diffusion de la pensée philosophique hors des cercles réservés. Fidèle à cette ambition de Diderot : se hâter de «rendre la philosophie populaire».

 

Maison des Lumières-Denis-Diderot

Ouverture au public le 4 octobre 2013 dans le cadre des festivités organisées à Langres du 3 au 6 octobre 2013.
Au programme, notamment:
- projection du film Ridicule, de Patrice Leconte, suivi d'un échange avec le créateur des costumes, jeudi 3 octobre
- Présentation de la mise en scène du Neveu de Rameau, avec Nicolas Vaude, vendredi 4
-  Ouverture de la maison Diderot pour les Langrois et visite de la ville, la nuit, éclairées par des installations de feu et de lumières, vendredi 4 et samedi 5
Toutes les informations sur le site Langres - Diderot 2013

 

 

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