L’âge impossible des possibles

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"Le Violon du fou” écrit et mis en scène par Louise Levêque © CP

"Le Violon du fou” écrit et mis en scène par Louise Levêque © CP

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Dans son dernier spectacle théâtral et musical, “Le Violon du fou”, Louise Lévêque aborde l’adolescence. Elle explore cette transition où surgissent les questionnements sur le sens de l’existence et où l’on peut risquer sa vie pour la sentir, se construire, parfois se détruire.

Si la jeune dramaturge met en scène ce moment clé dans le parcours de tout individu, c’est parce qu’il a été une étape charnière dans le sien. À 14 ans, après avoir vu des pièces de Jean-Luc Lagarce et de Claude Régy, elle a décidé de « faire » du théâtre. La réalisation de ce rêve d’ado n’a pas été immédiate. Après quelques mois passés dans une école de commerce parisienne, elle a remisé économie, marketing et comptes d’exploitation. Elle a nié cette injonction sociale « travailler, vivre sa vie comme elle a été prévue », pour reprendre les mots de son protagoniste masculin, Hede.

Le Violon du fou est l’histoire d’une rencontre et d’une quête sans fin, de l’autre et de soi. Ingrid est très jeune, elle a treize ans et elle est orpheline. Hede est un peu plus âgé. Il a abandonné l’idée d’être violoniste et étudie, puis travaille pour éviter que le manoir de son enfance ne soit vendu. Ils se sont perdus sitôt après s’être trouvés, mais chacun vit dans la tête de l’autre. Un jour, ils se retrouvent, mais dans quel état… Hede est devenu fou, coincé entre sa passion enterrée et le devoir subi. « Comme un très jeune enfant, il ne reconnaît plus son visage » dans les miroirs. Il est un corps vide, déjà mort et pourtant incapable de vraiment mourir. Ingrid s’est réfugiée dans « le monde du dedans », où son unique amour lui parle, la touche. Sinon, elle vit comme une automate, entre un espoir sans borne, telle une Marguerite faustienne, radieuse et solaire, et un désespoir profond, telle une Ophélie shakespearienne, fragile, en apnée, prête à disparaître pour toujours. Hantés par leurs souvenirs personnels et communs, ils errent entre la vie et la mort, d’une saison à l’autre.

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