Le beau et la grâce

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Le beau et la grâce


Jean-Jacques Henner (1829-1905), Saint Sébastien, 1888. Huile sur toile. Paris, musée d’Orsay. © RMN / Franck Raux 07-502440

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« L’esthétique spiritualiste illustre une nouvelle définition de la grâce, comprise jusqu’alors comme une économie des moyens, dissimulant l’effort artistique. Pour Ravaisson comme pour Henner, rendre grâce, c’est faire don de soi, permettre le retour du corps à l’esprit. La figure suprême de cet abandon est celle du Christ en croix, mais elle s’exprime aussi magnifiquement dans la figure de saint Sébastien reprise par Henner, qui insiste sur cette question du don de soi. Présenté au Salon de 1888, ce tableau saisissant élimine toute forme d’individuation de la figure biblique. Sébastien est à peine reconnaissable, ses flèches sont remisées dans un angle de la toile. À ses côtés émergent discrètement deux figures féminines, visibles dans l’uniformité noire du fond, selon l’angle de vue du spectateur. Le drame n’est jamais évoqué au profit d’une pure présence. »