Leibniz et le bruit de la mer

Temps de lecture : 3 min

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article est issu du numéro 14 de Philosophie magazine « 14 - novembre 2007 », en kiosque le 25 octobre 2007. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Écouter le bruit de la mer, rien de plus simple ? Au contraire, affirme le penseur allemand, rien n’est plus compliqué. Car, lorsque nous pensons ou ressentons une chose, nous ignorons la complexité des éléments qui la composent, ainsi que ce qui se passe en nous.

Lorsque nous entendons le bruit de la mer, nous entendons en réalité un « assemblage » (Nouveaux essais sur l’entendement humain).  Cet « assemblage » est l’ensemble des innombrables petits bruits que font toutes les vagues déferlant sur le sable, chacun de ces petits bruits résultant du bruit de toutes les gouttes d’eau s’entrechoquant dans chaque vague. Voilà pourquoi ce qui semblait simple se révèle compliqué. Écoutant la mer, nous n’entendons -pas le bruit de chaque vague, encore moins le bruit de chaque goutte d’eau. S’il y avait une vague de plus ou de moins, nous n’en aurions pas conscience. Pourtant, le bruit de la mer n’est fait que de ces bruits que nous n’entendons pas : si chacun de ces bruits se réduisait effectivement à rien, nous n’entendrions rien, car une somme de riens a pour résultat un autre rien.

Cet article est réservé aux abonnés
Les concepts liés à cet article

IllusionMonade