Éthologie
Les animaux font-ils des phrases ?
Un Bonobo (Pan paniscus). © Keith Roper/Flickr_CC
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Une étude récente suggère que les bonobos combinent des cris de significations différentes, ce qui relance le débat sur le langage animal : oiseaux, singes et dauphins seraient-ils capables de faire des phrases comme les êtres humains ?
Le propre de l’homme, vraiment ?
Les bonobos, nos plus proches parents primates, nous ressemblent peut-être encore plus que nous le pensons : comme nous, ils sont capables de faire des phrases – de « combiner des cris de manière complexe ». C’est en tout cas ce que suggère une étude récente parue dans Science. Une équipe de chercheurs des universités de Zurich et de Harvard a enregistré 700 vocalisations de 30 bonobos sauvages en République démocratique du Congo, identifiant sept types de cris utilisés dans 19 combinaisons différentes. Parmi ces combinaisons, quatre présentent une structure compositionnelle : elles combinent des unités de signification. Ainsi, « les glapissements (« faisons cela ») [« Yelp »] et les grognements (« Regardez-moi ») [« Grunt »] peuvent être combinés dans la structure de composition Yelp_Grunt, qui semble inciter d’autres individus à construire un nid de nuit ». Certaines associations sont dites « triviales », d’autres, plus complexes, paraissent « non triviales ». La différence se comprend aisément avec un exemple. Dans une composition triviale, « chaque élément d’une combinaison contribue de manière indépendante au sens global, et le sens de la combinaison est la somme du sens de chaque élément ». « Robe bleue » est une formule triviale. Au contraire, « mauvais danseur » est non trivial : le danseur n’est pas, par ailleurs, un homme mauvais. La signification de l’adjectif est infléchie par son association au substantif. « Les unités d’une combinaison n’ont pas un sens indépendant, mais interagissent de manière à ce qu’un élément modifie l’autre. »