La petite question

Les animaux ont-ils conscience de la mort ?

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Les animaux ont-ils conscience de la mort ?

L’opossum est capable de feindre la mort en simulant ses marqueurs : réduction de la température corporelle, exhalaisons putrides, bleuissement de la langue. © Carbonero/iStockphoto

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Avoir conscience de la mort, une affaire exclusivement humaine ? C’est cette croyance que la philosophe Susana Monsó réfute dans son récent ouvrage, Playing Possum: How Animals Understand Death (« Faire l’opossum. La conscience de la mort chez les animaux », non traduit). Selon elle, les animaux ont bien une compréhension de la mort, quoique très différente de la nôtre. Explications.


 

Susana Monsó, philosophe espagnole spécialisée dans la théorie de la conscience animale, cherche à décrire l’expérience de créatures non humaines. Qu’est-ce que cela fait d’être une chauve-souris, une grenouille, un coléoptère ? Son dernier livre, Playing Possum : How Animals Understand Death (Faire l’opossum : la conscience de la mort chez les animaux, non traduit) paru en octobre, s’inscrit dans cette démarche. Monsó se demande si d’autres espèces que la nôtre possèdent, comme nous, une conscience de la mort. La démarche pourrait sembler étrange, surtout venant d’une philosophe. L’histoire de la philosophie, des éthiques de l’Antiquité jusqu’aux pensées existentielles, semble avoir établi que la conscience de la mort est une réalité strictement humaine. Le caractère éminemment abstrait et complexe du concept devrait exclure a priori les êtres qui ne disposent pas de capacités cognitives aussi développées que les nôtres. Que l’on croie ou non en l’au-delà, il faudrait, pour penser la mort, distinguer le corps de l’âme, la matière de la conscience, et explorer des notions comme l’éternité, l’inéluctabilité, l’universalité, etc. Beaucoup doutent encore du fait que les animaux disposent d’une « théorie de l’esprit », c’est-à-dire d’une faculté de se représenter autrui comme disposant, lui aussi, d’une conscience faite d’affects, de pensées, etc. Comment, dans ce cas, les animaux pourraient-ils concevoir l’interruption, inéluctable et irréversible, de la conscience d’un être – ou une éventuelle vie de l’âme séparée du corps ?

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