Athlétisme/Identité sexuelle

Les hormones dans la course

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Cet article est issu du numéro 130 de Philosophie magazine « Plaire, émouvoir, convaincre. L’art de l’éloquence », en kiosque le 29 mai 2019. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

La récente décision du Tribunal arbitral du sport, obligeant l’athlète sud-africaine Caster Semenya à suivre une thérapie hormonale pour abaisser son taux de testostérone, montre que le discours sur le sexe biologique n’est jamais neutre.

Le 1er  mai dernier, le Tribunal arbitral du sport (TSA), basé à Lausanne, a pris une décision rien moins que vertigineuse : celle-ci contraint l’athlète sud-africaine Caster Semenya, championne du monde du 800 mètres, à suivre une thérapie hormonale pour abaisser son taux de testostérone dans le sang, si elle souhaite se présenter aux futures compétitions internationales. Du point de vue médical, son cas est atypique. Son identité féminine a été régulièrement mise en cause depuis 2009, et elle a été soumise à des tests génétiques dont le résultat a été gardé confidentiel. Cependant, le TSA a précisé que sa décision ne s’appliquait qu’à des athlètes présentant une anomalie sur la vingt-troisième paire de chromosomes, de type 46 XY DSD (anomalie rare, qualifiée de « pseudohermaphrodisme mâle », qui concerne donc des femmes ayant des chromosomes sexuels XY). Par ailleurs, Caster Semenya est atteinte d’hyperandrogénie, c’est-à-dire qu’elle a des taux de testostérone compris entre 7,7 et 29,4 nanomoles par litre de sang, tandis que les femmes sont en moyenne sous les 2 nanomoles. Très controversée, la décision du Tribunal spécifie donc que les femmes présentant à la fois une anomalie chromosomique de type 46 XY DSD et un taux de testostérone supérieur au seuil de 5 nanomoles par litre de sang, doivent suivre un traitement pour ramener leur testostérone sous ce seuil. Outre Caster Semenya serait concernée l’athlète classée deuxième au 800 mètres, la Burundaise Francine Niyonsaba. Quant à Caster Semenya, elle parle d’elle-même en termes bien plus simples : « Dieu m’a faite de cette façon et je m’accepte comme je suis. »

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