Guerre en Ukraine
Les pastilles d’iode, un “micro-objet” dérisoire face à la menace nucléaire ?
Pastille d’iodure de potassium. Photo d’illustration. © Gwendoline Le Goff/Panoramic
C’est la ruée sur les pastilles d’iode. Depuis que Vladimir Poutine a brandi la menace nucléaire et que la centrale de Tchernobyl est tombée aux mains des Russes – elle est d’ailleurs privée de courant depuis peu –, les stocks des nombreuses pharmacies en Europe sont dévalisés. En France, réclamer cette substance est peine perdue : sa distribution est règlementée, mais de nombreuses personnes se rabattent sur Internet pour constituer leur propre réserve de petits comprimés.
Cette micro-pastille a le pouvoir de nous protéger des radiations nucléaires. L’iodure de potassium sature la thyroïde, une glande qui ne peut alors plus absorber l’iode radioactif. Le recours à ce micro-objet, concret et visible, mais d’une efficacité limitée pour faire face à la menace démesurée d’une attaque nucléaire ou contre une centrale nucléaire, suscite toutefois la perplexité. Éclairage avec la pensée des objets, « hyperobjet » et « objet hypocrite », du philosophe anglais Timothy Morton.