Chroniques du futur

“L’IA remplacera peut-être les philosophes de profession, mais jamais le plaisir de penser”

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“L’IA remplacera peut-être les philosophes de profession, mais jamais le plaisir de penser”

Simon Goldstein. © Collection particulière

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Pour la première fois, une revue universitaire a publié un article entièrement conçu par IA : « Epistocracy and the Commitment Problem ». Simon Goldstein, le philosophe derrière cette publication, nous raconte le sens de la démarche et comment il envisage l’avenir de la discipline.


 

L’article “Epistocracy and the Commitment Problem”, paru en juillet dans la revue Philosophy Public Affairs, est signé de votre main. Pourtant, vous avez révélé qu’il avait été intégralement écrit par Claude, l’IA d’Anthropic. Pourquoi avoir choisi de publier un tel texte ?

Simon Goldstein : En tant qu’enseignant-chercheur spécialisé dans l’éthique des nouvelles technologies, je mène des expériences avec l’IA depuis environ un an. Je m’en sers tous les jours comme assistant pour trier mes mails, gérer mes dossiers. Il y a quelques mois, j’ai testé les aptitudes philosophiques de Claude : je lui posais des questions et j’observais ce que la machine était capable de me répondre. Il m’a semblé intéressant de pousser la logique plus loin et de voir si une IA était capable de rédiger un article universitaire toute seule. À ce stade, je considère que non. J’ai d’abord dû rédiger une idée de base (la thèse de l’article) sur un prompt d’environ une page, et ensuite guider l’IA dans l’écriture, par étapes. Je me comportais un peu comme un directeur de recherche qui aiguillerait un étudiant en thèse : j’encadrais le travail en apportant une aide minimale. J’ai remarqué que les IA avaient tendance à se perdre si vous leur demandiez uniquement d’écrire un texte, elles se mettent à broder autour d’éléments subsidiaires. C’est pourquoi je lui ai demandé d’élaborer un plan, que nous avons affiné ensemble, pour que le processus d’écriture soit le plus efficace possible.

 

➤ À lire ici : l’article rédigé par l’IA Claude, « L’épistocratie et le problème d’engagement »

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