Lilith

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Cet article est issu du numéro 90 de Philosophie magazine « La santé, c'est dans la tête ? », en kiosque le 28 mai 2015. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

C’est la première femme, selon la tradition médiévale juive. Pour avoir refusé d’être soumise à Adam, elle est devenue une créature de la nuit qui menace de tuer les nouveau-nés.

Elle est connue de tous, Lilith, la première femme, démon de la nuit, suceuse de sang, dévoreuse de nouveau-nés, épouse du prince des diables que la tradition ésotérique juive nomme Samaël… Mystérieusement apparue entre le VIIIe et le Xe siècle en Perse dans un étrange manuscrit, L’Alphabet de Ben Sira, elle ne cesse depuis de hanter les naissances. Un récit mythique aux accents contemporains.

Après avoir créé Adam, Dieu lui fabriqua une compagne, façonnée de glaise comme lui. Aussitôt les deux créatures se querellèrent : « Je ne me couche pas au-dessous ! » lui dit-elle… « Je me couche au-dessus, lui répondit Adam, car tu es destinée à être dessous »… Dessus, dessous, ils ne purent s’entendre. Alors, Lilith prononça le nom de Dieu dans son intégralité et disparut dans les airs. « Ah ! se plaignit Adam, la femme que tu m’as donnée m’a quitté. » Et Dieu envoya trois anges pour la persuader de revenir ; mais elle ne se laissa fléchir ni par les promesses ni par les menaces. Depuis, pour punir cet acte de rébellion, elle enfante des êtres de la mort. Et pour se venger, elle tue les enfants d’Adam, les humains, les garçons jusqu’à l’âge de huit jours, les filles jusqu’à vingt. Pour échapper aux trois envoyés de Dieu, cependant, elle promit de laisser l’enfant en vie si elle entendait ou voyait écrits les noms des trois anges : Sanaoï, Sansenoï et Semanguelof.

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