Hors-série "La Renaissance"
L’utopie : un autre monde est possible
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Cet article est issu du Hors-série n°N° 38 de Philosophie magazine « La Renaissance. Quand les temps changent », en kiosque le 21 juin 2018. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Au cœur de cette période de grandes découvertes et de crises politiques et religieuses, un genre littéraire et philosophique voit le jour : l’utopie. Autres lieux, autres temps : ces créations imaginaires permettent à la fois de critiquer le réel et de proposer une alternative. Cap sur des ailleurs souriants, avec escale dans la plus célèbre Utopie, inventée par le penseur anglais Thomas More.
L’appel du large
Ce sont des îles lointaines, des cités perdues où règne l’harmonie. Ne cherchez pas ces lieux sur les cartes : ils n’existent pas. La Renaissance voit l’émergence d’un genre littéraire et philosophique consistant à décrire des utopies. Le mot et la chose ont été créés par le philosophe anglais Thomas More (1478-1535). Littéralement, l’utopie est un hors-lieu, un pays de nulle part (u-topie, topos signifiant « lieu » en grec). Mais c’est également une société idéale, le meilleur des mondes – More emploie le terme homophone d’« eutopie » (eu, « bon » en grec).
Pourquoi tant d’utopies seront-elles inventées à la Renaissance ? Déjà, la période est marquée par les grandes découvertes ; les navigateurs-explorateurs (Magellan, Colomb…) ont le vent en poupe, les récits de voyage fascinent. Les utopies s’inscrivent dans la réalité et le fantasme du nouveau monde.