Mensch

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Cet article est issu du numéro 139 de Philosophie magazine « 139 - juin 2020 », en kiosque le 13 mai 2020. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Langue d’origine : yiddish

Ce mot existe dans deux langues, sans y avoir tout à fait le même sens. En allemand, Mensch signifie « l’être humain » au sens large. En yiddish, la langue des Juifs d’Europe centrale et orientale, ce terme a acquis une connotation morale. Un Mensch est « une personne digne d’être admirée et imitée, qui possède un caractère noble, selon Leo Rosten, auteur du lexique Les Joies du yiddish (Calmann-Lévy, 2011). Pour être un vrai Mensch, il faut avoir le sens de la droiture, de la responsabilité et de la décence. » Le Mensch est donc une figure éthique : héros modeste, il agit comme il faut, quand il faut, sans chercher les honneurs. Parfois écrit Mentsch en français, pour en souligner la prononciation et le distinguer de l’allemand, le mot a été importé par les ashkénazes aux États-Unis, où il est passé dans le langage courant : « Be a Mensch ! » entend-on dans le film La Garçonnière (1960) de Billy Wilder. Quand il n’est pas une invitation à se surpasser, Mensch est réservé aux gens d’exception. À la mort de Simone Veil, la rabbin Delphine Horvilleur a utilisé ce terme pour lui rendre hommage. Une femme Mensch ? Sur ce point, le yiddish rejoint l’allemand, pour qui Mensch est neutre. Comme pour rappeler que l’exemplarité morale n’a ni genre, ni époque, ni nationalité.

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