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Michael Walzer et le dilemme de la “guerre juste”

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Michael Walzer et le dilemme de la “guerre juste”

© Gallimard

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Paru aux États-Unis en 1977, en réaction à la guerre du Vietnam, le livre du philosophe américain Michael Walzer Guerres justes et injustes (1977, réédité en 2006 en coll. Folio Essais, Gallimard) se présente comme une véritable somme sur la guerre. Loin d’être une simple compilation de cas, l’ambition du livre est de repenser la difficile question de la guerre juste, en adoptant un point de vue inédit qui n’est ni religieux, ni politique, ni même juridique : celui du « réalisme moral ». Présentation.

 

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Pourquoi privilégier le point de vue moral pour refonder une théorie de la guerre juste ? Parce que la morale a une dimension universelle que n’a pas le religieux, le politique ou même le droit. Si cette hypothèse de départ est correcte, il devient possible de faire entrer les belligérants dans une même sphère de valeurs – condition d’un dialogue possible – alors que leurs intérêts propres restent mutuellement incompréhensibles si chaque partie s’en tient à ses convictions particulières.

Réalisme cynique contre “réalisme moral”

« J’use des mots agression, neutralité, reddition, civils, représailles, etc. comme s’ils appartenaient au vocabulaire moral », insiste Walzer. La morale n’est pas réduite à affirmer, comme le veut le pacifisme, que toute guerre est injuste. Si tel était le cas, elle resterait impuissante face aux partisans du « réalisme » de la guerre, c’est-à-dire face à ceux qui adoptent l’adage inter arma enim silent leges (« En temps de guerre, la loi est muette »).

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