Parrain du 7e art
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Cet article est issu du numéro 93 de Philosophie magazine « Être ou avoir ? », en kiosque le 24 septembre 2015. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
« Mon fils est mort. Je n’éprouve pas de chagrin. La souffrance est une toile peinte. Les larmes ne me font pas mieux toucher le monde. En mourant, mon fils devient mon fondateur. Cette perte est ma fondation. » C’est sur ces phrases d’Emerson, prononcées en voix off, que s’ouvre Un conte de Noël, film d’Arnaud Desplechin. Emerson est un philosophe qui a une descendance assez rare : il a influencé plusieurs générations de cinéastes.
Pendant une bonne partie du XXe siècle, son œuvre tombe pourtant dans l’oubli. Jusqu’à sa redécouverte, au début des années 1980 par Stanley Cavell. Ce dernier montre que la philosophie perfectionniste de son aîné, qui invite à rechercher sans cesse une meilleure version de nous-mêmes, est une formidable source d’inspiration pour le cinéma.