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Pierre Manent. « Nous vivons dans un moment cicéronien »
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Cet article est issu du numéro 53 de Philosophie magazine « 53 - octobre 2011 », en kiosque le 29 septembre 2011. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
« L’œuvre de Cicéron est d’autant moins séparable du contexte historique dans lequel elle s’inscrit que lui-même est l’un des principaux acteurs de cette période incertaine où la République s’effrite et où le régime qui doit lui succéder n’a pas encore été institutionnalisé. Le corps politique romain s’étend ou plutôt se distend indéfiniment, et ne peut plus être gouverné selon le régime républicain. Un nouveau cadre d’organisation politique demande à être défini, c’est-à-dire à la fois une nouvelle forme de l’association humaine et un nouveau régime politique. Cicéron cherche dans la philosophie grecque des éléments permettant de comprendre et d’orienter l’expérience spécifiquement romaine. Il se prononce pour une sorte de « principat » (le pouvoir d’un « premier citoyen »), alors que les Grecs donnaient la préférence à un régime mixte, mélange du « grand nombre » et du « petit nombre ».