Enquête
Quand le coaching nous vend une “meilleure version de soi”
© Jiranding/Unsplash
L’engouement pour le coaching n’est plus à démontrer : de la sphère professionnelle à la sphère privée, il existe des coachs dans tous les domaines et pour tous les aspects de la vie. Mais depuis plusieurs années, un coaching plus global est en train de faire son apparition, appelé « coaching de vie » (« life coaching »), qui promet à l’individu non plus seulement de s’accomplir ou de se réaliser dans un domaine particulier mais d’atteindre une « meilleure version de lui-même », selon l’expression emblématique couramment utilisée.
Que signifie cette aspiration et que traduit-elle ? Peut-on seulement être une meilleure version de soi, et si oui, qu’implique-telle ? Titillée par cette formule audacieuse, l’enseignante en philosophie Audrey Jougla a épluché les manuels (et visionné les vidéos) de ce nouveau type de coaching et interrogé des spécialistes de la question, en confrontant le projet de trouver une meilleure version de soi à l’éthique stoïcienne dont il prétend s’inspirer. Résultat : au lieu d’apaiser l’individu en réduisant la marge de sa responsabilité, le coaching l’invite, non sans contradiction, à assouvir ses désirs tout en le chargeant de la responsabilité de tout ce qui lui arrive. Décryptage d’un mantra problématique.