Écologie / Réchauffement climatique

Que vont devenir les nuages ?

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(cc) Unsplash / Samuel Zeller

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Cet article est issu du numéro 128 de Philosophie magazine « Qu’est-ce qu’une société juste ? », en kiosque le 28 mars 2019. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Une récente étude de climatologie montre que les nuages pourraient disparaître à l’horizon 2100 : mauvaise nouvelle pour le climat mais aussi pour notre relation au monde.

Jusqu’ici, les climatologues qui s’intéressent au réchauffement climatique ont peu intégré le comportement des nuages à leurs scénarios et à leurs simulations informatiques. Et pour cause: les stratocumulus, ces immenses voiles de vapeur qui contribuent à rafraîchir l’atmosphère, sont difficiles à modéliser par des algorithmes. Cependant, des chercheurs de l’Institut de technologie de Californie (Caltech, à Pasadena) ont relevé le défi, et leurs conclusions, publiées dans la revue Nature Geoscience le 25 février, sont inquiétantes : si rien n’est fait pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, la teneur en dioxyde de carbone de l’atmosphère pourrait être multipliée par trois d’ici à 2100 ; cette augmentation fragmenterait les stratocumulus et finirait par faire disparaître les nuages, condamnant l’humanité à un perpétuel ciel bleu. Cela n’a rien d’une bonne nouvelle : comme les nuages, blancs, reflètent la lumière du Soleil, ils sont essentiels à la régulation des températures terrestres, et leur complète disparition causerait à elle seule un réchauffement additionnel de 8 °C. La Terre pourrait être ramenée aux conditions qu’elle a connues il y a 50 millions d’années, quand des crocodiles nageaient dans les eaux libres de l’Arctique et que des palmiers poussaient en Alaska.

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