Littérature
Quelle était la philosophie de Kundera ?
L'écrivain Milan Kundera à Prague (alors en Tchécoslovaquie), en 1973. © AFP
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L’écrivain Milan Kundera, qui est décédé au début du mois, ne voulait surtout pas être pris pour un penseur. Mais s’il refuse l’esprit de sérieux et toute volonté de démonstration, il s’inscrit dans une démarche de quête de l’existence très philosophique. Voici pourquoi.
Philosophie et littérature
Même si le titre de son plus célèbre roman lorgne vers la philosophie, ou si Milan Kundera avoue lire Heidegger lorsqu’il est fatigué, son œuvre n’est pas à proprement parler philosophique. Dans L’Art du roman (1986), il explique qu’il veut « faire du roman la suprême synthèse intellectuelle », mais sans « transformer le roman en philosophie ». Il cherche cependant à « éclairer l’être de l’homme ». Tout un programme !
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Milan Kundera ne publie pas des romans philosophiques à la manière de Sartre ou de Camus. Mettre la littérature au service d’une idée toute prête, comme l’angoisse ou l’absurde, c’est fossiliser, selon lui, la force exploratoire du roman. Pour lui, le roman doit aller plus loin, en allant plus près. En disant que la tendresse est « la frayeur que nous inspire l’âge adulte », ou qu’avoir le vertige c’est « être ivre de sa propre faiblesse », le langage de Kundera déploie l’existence là où les idées philosophiques tendent à la circonscrire trop clairement.