État de l’Union

Quand Kundera nous rappelle le destin (commun) de l’Europe

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Quand Kundera nous rappelle le destin (commun) de l’Europe

© Editions Gallimard

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Lorsqu’il publie en 1983 dans la revue Le Débat un article intitulé « Un Occident kidnappé », l’écrivain tchèque Milan Kundera rappelle aux bonnes âmes que les pays d’Europe centrale et orientale vivent toujours sous la domination russo-soviétique. À le relire aujourd’hui, à l’heure où certains de ces pays sont tentés de s’éloigner du projet européen, on se rend compte que ces blessures ne sont pas refermées. 

 

Kundera et le communisme : je t’aime moi non plus…

Considéré comme un des plus grands écrivains contemporains, Milan Kundera est également connu pour sa critique du communisme. Lors de ses études de littérature et de cinéma à Prague, il s’inscrit au Parti communiste et soutient cette idéologie. Mais il garde un certaine distance vis-à-vis du régime tchécoslovaque. En juin 1967, il prend ainsi part au 4e Congrès de l’Union des écrivains tchécoslovaques et critique la censure et la nature totalitaire du régime. Il accueille le « printemps de Prague » de 1968 comme une opportunité de réformer le communisme. Le « socialisme à visage humain », slogan du mouvement, l’enthousiasme. Dans la préface du roman de Josef Škvorecký, Miracle en Bohême (1972), il écrit ainsi : « Le Mai parisien mettait en cause ce qu’on appelle la culture européenne et ses valeurs traditionnelles. Le Printemps de Prague, c’était une défense passionnée de la tradition culturelle européenne dans le sens le plus large et le plus tolérant du terme (défense autant du christianisme que de l’art moderne, tous deux pareillement niés par le pouvoir). » Mais cette relative libéralisation s’achève avec la « normalisation » du mois d’août 1968 et l’invasion du pays par les troupes du Pacte de Varsovie. Kundera signe l’un des romans les plus célèbres de cette période d’effervescence politique avec L’Insoutenable Légèreté de l’être, où est décrite la présence croissante des Soviétiques et le contrôle policier de la population. 

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