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Qu’est-ce que la “démocratie réparative” ?

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Qu’est-ce que la “démocratie réparative” ?

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Cet article est issu du numéro 185 de Philosophie magazine « Que puis-je savoir de l’autre ? », en kiosque le 05 décembre 2024. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Comment répondre à la crise traversée par la démocratie représentative ? Par une « démocratie réparative », répond la philosophe Wendy Brown, dans un essai paru en cette année d’élection. L’Américaine précise d’emblée que cette reparative democracy ne doit pas être limitée à la question des « réparations pour les peuples et les lieux exploités ». Il ne s’agit pas, avec cette notion, de plaider pour la « restauration de la démocratie constitutionnelle libérale de l’État-nation », car cette démocratie s’est développée main dans la main avec le capitalisme et le colonialisme. Pour autant, il ne s’agit pas non plus de défendre un retour à des formes plus anciennes de démocratie. La cité athénienne n’est pas, pour elle, un exemple. C’est un régime qui « ne s’occupait que des affaires de la ville, et non des affaires de ce que nous pourrions appeler la nature terrestre », et qui « excluait de ses préoccupations […] le “travail de reproduction” » effectué par les femmes non citoyennes. Il faut rompre radicalement avec les modèles antérieurs et en créer de nouveaux, « transformer ce que signifie la démocratie ». À la double crise, celle du politique et celle du climat, exacerbée par l’élection à la tête des États-Unis d’un Donald Trump peu soucieux d’environnement et qui ne fait pas mystère de ses accointances autoritaires, il faut répondre par l’invention d’une forme politique capable de mettre fin à la rupture entre l’homme et la nature. Il s’agit de placer en son cœur la valorisation de toutes les activités qui assurent la perpétuation et le développement d’un monde commun pérenne : le travail social de soin comme processus naturel générant un monde habitable, plutôt que la production accumulative. Loin des discours pontifiants d’une certaine écologie, la démocratie réparative de Brown vise à rendre le pouvoir aux êtres qui participent à l’entretien des conditions concrètes de l’existence collective. 

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