“Qu’est-ce qu’une vraie question ?”
© Séverine Scaglia
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Cet article est issu du numéro 113 de Philosophie magazine « Y a-t-il encore une vérité ? », en kiosque le 28 septembre 2017. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Question de Hugo Vincent
La réponse de Charles Pépin
Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? Quel est le sens de la vie ? Qu’est-ce qu’aimer ? S’arrêter sur ces grandes questions de l’histoire de la philosophie peut nous conduire à une réponse à votre interrogation. Elles comportent toutes en effet deux points communs. Le premier : nous n’y répondrons pas de manière définitive et indiscutable. Le second : nous progresserons en nous les posant. Comme si nous rencontrions à leur contact une forme de « vérité ». Comme s’il n’était pas possible de vivre une vie vraiment humaine sans s’y confronter. Ces questions n’ont pas besoin de trouver leur réponse pour nous changer – ou au moins pour nous troubler, pour nous élever. La philosophie peut d’ailleurs être définie comme cet art de la question, cette manière de poser des problèmes au contact desquels nous côtoyons l’entêtante énigme de notre humanité. Dans ce cas, une « vraie » question est simplement une question qui se pose, que nous nous posons tous plus ou moins, mais que le philosophe formule pour nous d’une manière qui résonne, qui nous touche et nous dit en même temps que nous abordons quelque chose d’essentiel. Refuser de s’arrêter sur cette question, au motif qu’elle est « trop évidente », que nous n’y répondrons pas ou que la réponse varie dans l’espace et dans le temps, revient en fait à refuser la philosophie ou, en tout cas, à manquer une occasion de voir les choses autrement, la vie et ses enjeux surgir sous un jour nouveau.